Une seule règle d’entrée : la résolution native
Sur cette page, les quatre modèles partagent une contrainte : une résolution native d’au moins 1080p. Ce n’est pas un détail de sélection, c’est ce qui rend le comparatif utile, parce que cette catégorie est celle où les fiches produits mentent le plus.
Beaucoup d’appareils annoncent « 4K supporté » ou « compatible Full HD ». Ces formules décrivent le signal accepté en entrée, pas l’image projetée : un projecteur peut recevoir une source 4K et l’afficher sur une dalle de 854 par 480 pixels. Le résultat est flou, et l’acheteur ne comprend pas pourquoi. Nous appliquons ici la même logique que nos comparatifs de TV en 127 cm et d’écrans PC en 27 pouces : on fige le paramètre qui fausse tout, puis on compare.
Les lumens, et l’unité qui compte
Le second piège suit immédiatement le premier. La luminosité se mesure en lumens ANSI, selon une méthode normalisée. Les fiches qui affichent 10 000 ou 15 000 « lumens » sans autre précision utilisent des unités inventées, sans rapport avec cette mesure. Un vidéoprojecteur de salon sérieux se situe autour de 2 000 à 3 000 lumens ANSI, un portable autour de quelques centaines.
Retenez surtout que le bon niveau dépend de votre pièce et de la taille d’image visée, pas d’un seuil universel. Nous détaillons ce point dans notre article sur les lumens ANSI.
300 à 3 000l'écart de luminosité, en lumens ANSI, entre le modèle nomade et les modèles de salon de cette sélection : un rapport de un à dix qui décide de l'usage possible.
Le contraste, souvent plus déterminant
Deux appareils annoncés à 3 000 lumens ANSI peuvent donner des images très différentes. La luminosité décide de la lisibilité malgré la lumière ambiante ; le contraste décide de la profondeur des noirs et du relief. Dans notre sélection, les contrastes annoncés vont de 10 000:1 à 40 000:1, et c’est cet écart, bien plus que les lumens, qui sépare un appareil polyvalent d’un vrai projecteur de cinéma.
La technologie, 3LCD ou DLP
Le 3LCD traite les trois couleurs primaires simultanément : pas d’effet arc-en-ciel, et une luminosité couleur généralement égale à la luminosité blanche. Le DLP utilise une roue chromatique, ce qui permet des appareils plus compacts et des contrastes élevés, mais une minorité de spectateurs perçoit de brefs éclats colorés sur les mouvements rapides. Aucune des deux n’est meilleure dans l’absolu, elles ont des défauts différents.
Le recul disponible
C’est la contrainte qui fait renoncer le plus d’acheteurs après la livraison. Le rapport de projection relie la distance à la largeur d’image : un rapport de 1,2 demande environ 2,6 mètres de recul pour une image de 2,2 mètres de large. Mesurez votre pièce avant de choisir, et si le recul manque, orientez-vous vers une courte focale. Notre guide d’installation dans un salon détaille les placements possibles.
Notre conseil : partez de votre pièce, pas de la fiche technique. La lumière que vous pouvez contrôler et le recul dont vous disposez éliminent la moitié du marché avant même que vous ne compariez les caractéristiques.
Notre verdict
L’Epson EH-TW7000 remporte notre préférence pour un salon dédié : son contraste annoncé à 40 000:1 et sa technologie 3LCD avec pixel-shifting 4K en font le seul de cette sélection à jouer réellement dans la catégorie home-cinéma. Le BenQ TH671ST est la réponse aux petites pièces, avec sa courte focale et une latence annoncée à 16,67 ms qui le rend pertinent pour le jeu. L’Anker Nebula Capsule 3 Laser est le seul que l’on emporte, avec 898 grammes, une batterie et Google TV, à condition d’accepter ses 300 lumens ANSI et donc l’obscurité. Et l’Epson CO-FH01 est le point d’entrée le plus honnête, en 1080p natif et 3LCD, là où la concurrence à bas prix gonfle ses chiffres.
Pour aller plus loin : notre guide pour choisir son vidéoprojecteur, l’arbitrage vidéoprojecteur ou TV et nos conseils d’installation. Pensez aussi au son, presque toujours à compléter : voyez notre comparatif de la barre de son.